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Réflexions s’opposant à la logique des compétences

mardi 24 mai 2011, par Webmestre

Deux écrits décortiquant et dénonçant la logique des compétences dans le domaine de l’éducation et dans celui du travail.

Concernant l’éducation, un bout de réponse pourrait être la mise en oeuvre d’une école du 3ème type, pas seulement sur le plan de la pratique de l’éducateur, mais aussi sur la fonction que prend alors cette école.

La_competence_comme_ modele_de_la_production_de_subjectiviteDidier Muguet
Le carrosse du commun et la citrouille individuelle : Qui sait ? Muriel Combes

Extraits du texte de Muriel Combe
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4356

Dès la naissance, les petits-enfants des hommes sont pris dans des processus de régulation multiples : fixer le rythme de l’alimentation et du sommeil, apprendre à marcher, puis à parler, autant de comportements qu’il s’agit pour l’enfant d’acquérir pour entrer dans le monde humain. Mais il n’est pas certain que l’on doive parler d’« acquisition » à propos de ce processus de transformation qui se produit individu par individu au cours d’une histoire singulière confirmant chaque fois son appartenance à une « espèce ». Raconter cette histoire, c’est chercher à comprendre comment un individu construit lui-même au cours de son apprentissage les outils dont il a besoin pour apprendre et comment, ce faisant, il se construit lui-même. Décrire cela, et d’une manière plus générale décrire la manière dont viennent à exister ces réalités que l’on appelle des individus (un cristal, une plante, un homme, etc.), dont ils se constituent en faisant entrer en relation des choses qui n’ont pas elles-mêmes la forme d’êtres individués, c’est ce que n’a cessé de faire Gilbert Simondon dans ce qu’il a nommé sa philosophie de l’individuation.

[...]apprendre, ce n’est ni actualiser de l’inné ni former un acquis, c’est inventer une compatibilité entre un développement intérieur et une exigence extérieure ; c’est composer ses propres forces avec celles des mondes extérieurs.

Christian Marazzi [7], que le salaire n’est pas entièrement fixé dès le départ mais comporte une part de revenu dont le montant varie en cours d’exercice, en fonction de la valeur reconnue aux qualités supposées individuelles du salarié. Dès lors, apercevoir dans l’apprentissage un processus de transformation globale d’un sujet, insister sur ceci que celui qui apprend n’est jamais isolé mais qu’une telle transformation est toujours une reproblématisation par le sujet de données qui viennent du collectif, c’est rendre visible l’arbitraire total que constitue l’individualisation des salaires.

nous sommes condamnés à nous sortir nous-mêmes en nous tirant par les cheveux. Mais c’est là finalement ce que fait tout petit enfant d’homme qui résout à partir de ses propres forces les problèmes que lui soumet son monde. C’est aussi en ce sens que nous comprenons l’optimisme d’Ernesto, répondant au maître qui lui demande comment il compte apprendre ce qu’il ne sait pas : « I-né-vi-ta-ble-ment ».