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Individuation - Echanges liste CREPSC

lundi 23 mai 2011, par Webmestre

Echanges de mails

Individuation – mars 2010 - (Intégralité des messages après les extraits)

ou comment faire dévier l’objet d’un mail initital intitulé l’école du 3ème type (voir doc Echange mail-école 3type ça vous parle comment ? Mars 2010)

Discussion qui pourrait être resituée dans le contexte d’une classe et de ses individus.

Extraits choisis (par Erwan Redon)

l’affirmation, [...] d’une communauté de sensibilité avec quelqu’un, [...], car comme dit l’autre, ce que l’on aime en l’autre, c’est ce qu’il apprend de nous, c’est-à-dire entre autre, une mise en bouche ou en texte de sa propre sensibilité que l’on arrive pas toujours à exprimer, à mettre en ordre.
nous revendiquons une analyse critique de nos pratiques, l’acceptation d’une révolution de nos représentations

Phil Lamy

[…] mettre en perspective cette naissance de l’école 3 type en montrant le côté collectif,[...] mais il faut bien voir quand même le rôle que certains peuvent jouer à un moment.

[...]Pour l’individuation, quand je dis qu’elle est une des conséquences des communications, c’est bien parce que je pense qu’elle se fait avec les autres

JM Calvi

[…] L’individuation (c’est le génie individuel) ne se constitue qu’avec les autres et n’est rien sans les autres. Il n’y a donc que le génie collectif, fait de tous les génies ! Et cela, c’est très visible... dans une classe du 3ème type ! [...]

Bernard Collot

Intégralité des échanges mails / mars 2010 / objet initial : l’école du 3ème type

Sujet : RE : [crepsc] l’école du 3ème type
Date : Wed, 24 Mar 2010 19:30:31 +0100
De : Philippe Lamy <philippe-faby.lamy@wanadoo.fr>
Pour :

J’entends le texte de Jean-Michel comme l’affirmation, et je partage cela, d’une communauté de sensibilité avec quelqu’un, en l’occurrence toi Bernard, car comme dit l’autre, ce que l’on aime en l’autre, c’est ce qu’il apprend de nous, c’est-à-dire entre autre, une mise en bouche ou en texte de sa propre sensibilité que l’on arrive pas toujours à exprimer, à mettre en ordre. C’est souvent mon cas d’ailleurs. C’est dire aussi que communauté de pensée ne veux pas dire allégeance, rassure toi, ni chez Jean-Michel, ni chez moi d’ailleurs J Tous, il me semble, nous revendiquons une analyse critique de nos pratiques, l’acceptation d’une révolution de nos représentations. Je trouve jouissif cette volonté émancipatrice qui nous fait nous rassembler.

Tiens, un petit coup de Nietzsche pour la peine : « il m’est odieux de suivre autant que de guider ! »

Par ailleurs, je suis d’accord avec cette foutue histoire de l’Etat, débat récurrent que j’aimerai bien prolonger dans le cadre de notre réflexion… Par ailleurs, le texte de ce matin se voulait pour moi, témoignage d’un processus. Il manque une partie plus de réflexion et des liens que j’essaierai d’exprimer dans les jours à venir…

Philippe Lamy
Groupe Est Parisien Ecole Moderne (GEPEM/GD77)
Classe élémentaire multiâge de Mauregard (77)
"les bonnes volontés donnent de bons résultats." (prov. turc)

De : Calvi Jean-Michel [mailto:jeanmichelcalvi@yahoo.fr]
Envoyé : mercredi 24 mars 2010 18:05
À : crepsc@listes.marelle.org ; Bernard Collot
Objet : Re : [crepsc] l’école du 3ème type

Non Bernard, nulle volonté de manier l’encensoir dont je n’ai rien à faire, et si tu le perçois comme ça, tant pis. J’ai au contraire, il me semble, essayer de mettre en perspective cette naissance de l’école 3 type en montrant le côté collectif, justement, que ce n’est pas venu d’un coup de baguette maniée, merde alors, par un génie sorti d’une bouteille (beaujolais ou sancerre ?). Mais il faut bien voir quand même le rôle que certains peuvent jouer à un moment. Et j’ai juste voulu parler de ton rôle qui paraît évident à tous. Le terme de génie était pris dans le sens de savoir-faire, talent. il était sûrement inapproprié, peut-être teinté d’un peu d’humour, mais on est entre nous...

Pour l’individuation, quand je dis qu’elle est une des conséquences des communications, c’est bien parce que je pense qu’elle se fait avec les autres. Steigler en parle bien aussi.

Pour l’éloge de la paresse, je crois me souvenir que c’est le titre d’un livre du gendre de Karl Marx dont le nom ne me revient pas immédiatement.

Jean-Michel Calvi
22 impasse de l’hôtel
69590 Larajasse
04.78.44.58.44
jeanmichelcalvi@yahoo.fr

De : Bernard Collot <bernard.collot1@orange.fr>
Objet : Re : [crepsc] l’école du 3ème type
À : "Calvi Jean-Michel" , crepsc@listes.marelle.org
Date : Mercredi 24 mars 2010, 9h37

petite critique Jean-Miche quant à l’aspersion à l’encensoir dans ton texteEn pleurs émoticône ! « Le génie est la disposition innée de l’esprit par laquelle la nature donne les règles à l’art », il est « un talent qui consiste à produire ce dont on ne saurait donner aucune règle déterminée". Emmanuel KANT ! Autrement dit, nous en avons tous la même dose ! Après, c’est le hasard, souvent chronologique, les circonstances, qui font que certains ont été visibles dans une peinture, un écrit, une action... Ce que Kant n’avait pas vu par contre, c’est l’émergence, quand tous les génies au lieu de cohabiter constituent une intelligence collective. « J’emploie l’expression d’individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité ». Carl Gustav JUNG. C’est le premier stade du génie. Mais, isolément, il n’est rien, il ne sert à rien. Il n’est éventuellement qu’un artiste ("l’enfant artiste"). Après on va trouver Vigotsky, Castoriadis, Lévy, Authier... : L’individuation (c’est le génie individuel) ne se constitue qu’avec les autres et n’est rien sans les autres. Il n’y a donc que le génie collectif fait de tous les génies ! Et cela, c’est très visible... dans une classe du 3ème type !

Ceci dit, je me retrouve bien dans ton texte ! le génie de l’écriture !

Je me retrouve aussi dans le mess de Philippe à propos de la "blessure" (pour moi aussi, très violente dans le collège). Ce serait un peu la résilience de Cyrulnik, mais je n’aime pas la généralisation que l’on a tendance à en faire (bénie soit la souffrance ! le royaume des cieux t’appartient !). Je préfère l’inadéquation entre ce que l’on ne vit pas et ce que l’on a besoin de vivre. Si tout baigne, pourquoi s’emmerder à changer ? Mais pourquoi changer si c’est pour s’emmerder encore plus ? L’école du 3ème type est bien plus facile pour tout le monde, c’est le royaume des paresseux !Rire émoticône ("l’éloge de la paresse", Kundéra je crois). Rien que pour cela elle est libertaire et pas du tout libérale !

Pour l’Etat, je comprends bien ce que tu dis Philippe. Le problème c’est qu’il me semble qu’il faut bien imaginer une structure entre les diverses communautés territoriales (donc éducatives) pour établir un équilibre, entre autres un équilibre et une mutualisation des moyens. Un Etat qui serait alors l’émanation des communautés territoriales (mais pas un sénat qu’il soit romain ou Vème république !).

From : Calvi Jean-Michel
Sent : Tuesday, March 23, 2010 9:32 PM
To : crepsc@listes.marelle.org
Subject : [crepsc] l’école du 3ème type

Allez, suite au message d’Erwan, je lance un petit texte sur le 3 type. Faut bien commencer. Je le mets en pièce jointe.

Jean-Michel Calvi

De : erwan <erwan.redon@wanadoo.fr>
Objet : [crepsc] l’école du 3ème type, ça vous parle comment ?
À : "Crepsc"
Date : Dimanche 21 mars 2010, 22h04

bonjour

au sein des crepsc, il y a des centres
des centres de recherche. On se tâte pas mal, on annone beaucoup, sans tabou et parfois avec mordant.
la base de recherche se cache en fin de titre
PS, Petite structure
C, communication.
pour chercher la dedans toute tentative, toute pensée, toute réflexion pédagogique est la bienvenue.
et puis parfois, il y a des centres, nous, qui se grattent le menton sur un sujet spécifique
et hop un p’tit labo de recherche se monte,

c’est le cas du labo 3type, qui a pour objectif de triturer l’idée lancée par Bernard Collot dans son livre L’école du 3ème type, la pédagogie de la mouche.
mais en discutant dans ce labo, on s’aperçoit que nos descriptions peuvent être diverse.

Plutôt que de restreindre, augmentons le rayon de la centrifugeuse de réflexion
et donc on s’est dit que p’têtre bien que les centres de recherche des crepsc auraient un avis sur la question....

alors ? c’est quoi pour vous cette idée,
c’est quoi l’école du 3ème type ?...

une nouvelle pensée pédagogique ? un nouveau courant ?
un nouvelle outil de la pédagogie freinet ? sa continuité ?
un changement profond de la place de l’école dans la société ? dans les territoires où nous vivons ?
une école de riche ? une école au service du capital ?
un gloubiboulga indigeste ?
un machin improbable ? une réalité vécue ? un musée, une vitrine intransportable ?

et l’auteur, lui même il en disait quoi ?
Bernard Collot le 3 mars 2009 disait
"Vous cherchiez il y a quelques temps à définir une école du 3ème type. Ce n’est pas un processus, ce ne sont pas des pratiques, c’est une praxis. Ce terme, dans la version Castoriadis (actions pour une finalité qui se découvre, se redéfinit sans cesse au fur et à mesure de l’action, dont le terme n’est finalement jamais atteint puisqu’il est sans cesse repoussé), est celui qui me semble le mieux correspondre à vos tâtonnement et à ce qui a fondé le 3type"

et donc, là en ce moment, ce serait quoi ? juste le temps d’un arrêt sur image, qui va rebouger...

à nos claviers...
Erwan (c’est juste pour lancer, je fais pas le malin, ...je vais m’y coller aussi, à cette question...gasp ! )