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Organisation des informations

mardi 3 mai 2011, par Webmestre

C’est cette organisation qui rend possible ensuite l’utilisation des échanges. Il s’agit bien d’une grille dans laquelle seront placées les informations et elle devra rendre possible leur lecture plus globale.
La conception de la grille est le point le plus délicat de notre méthodologie. Elle dépendra bien sûr des points que le groupe aura envie d’examiner et qu’il pense être important de vérifier, confirmer ou infirmer. Donc des hypothèses déjà formulées et que l’ensemble du groupe à l’intention d’explorer. Elle devra être relativement simple et permettre que chaque message puisse y trouver sa place sans trop de questionnement. Si un message peut se retrouver simultanément dans plusieurs cases, ce n’est pas forcément signe d’une mauvaise conception et cela n’a rien d’étonnant : c’est de la vision de l’ensemble que l’on peut extirper des convergences et en tirer de nouvelles hypothèses ; la complexité est nécessairement transversale.

Nous avons pratiqué 3 méthodes de mise au point de la grille organisatrice (plan de la capitalisation de l’information)
- la grille n’est créée qu’un mois environ après le démarrage des échanges et va dépendre de ce qui peut déjà être observé.
- la grille est créée avant le démarrage des échanges et oriente plus ou moins ceux-ci.
- Un embryon de grille est créé d’emblée puis évolue au fur et à mesure. Cette dernière méthode (par exemple arbres de connaissances) s’avère difficile quand il y a un très grand nombre d’échanges parce qu’alors il faut parfois revoir toute la cohérence de la grille ce qui n’est pas évident quand il y a un grand nombre d’informations à re-manipuler.
La conception de la grille relève du petit groupe qui lance la recherche.

D’une façon générale, nos recherches sont orientées dans l’optique d’une observation systémique de fonctionnements. Toute grille essaie donc de cribler l’ensemble d’un système considéré (classe, école, ensemble d’écoles) dans son environnement et son contexte avec les éléments qui contribuent à son fonctionnement… ou son dysfonctionnement. L’hypothèse étant que l’évolution de chaque enfant ne peut être considérée indépendamment du système dans lequel il se construit et dépend de celui-ci (il est dans un système scolaire et non pas avec un précepteur)

Pour l’instant nous n’avons pas trouvé d’autres solutions que la saisie manuelle des données dans la grille du site. Cette saisie est à son tour subjective et arbitraire quant à la place où l’on va ranger chaque information. Elle n’a pas trop d’importance : c’est la lecture globale qui doit être favorisée et même si l’opérateur place les informations à tel ou tel endroit parce qu’il anticipe sur le sens qu’elles prendront ou qu’il voudrait qu’elles prennent, il n’est pas maître de leur succession, de leurs contradictions… Par contre il semble important que ce soit une seule personne qui opère et que cette personne ne soit pas directement sur le terrain de la production d’informations.
Si l’on compare aux laboratoires classiques, n’importe quel crepsc peut créer un groupe de recherche, n’importe quel praticien peut rentrer dans ce groupe s’il est intéressé par son objet, mais le labo crepsc doit recruter une personne extérieure (plus en activité sur le terrain d’une classe, ce qui n’est pas forcément à la retraite) pour observer et dispatcher les échanges.
Il est important que les producteurs d’infos (membres de la liste de recherche) soient aussi des analyseurs de la globalité de l’info engrangée. D’abord c’est un exercice mental important qui oblige à prendre du recul et à découvrir des perspectives d’un autre point de vue (point d’où l’on regarde). Ensuite c’est un pouvoir et un droit que l’on ne doit pas abandonner puisque ensuite, ce sont toujours les analyseurs qui proposent, révèlent, expliquent... et les praticiens qui se plaignent d’être détournés, mal interprétés, exploités...

Ce qui n’empêche pas d’avoir le regard croisés de gens extérieurs à la production d’infos (extérieur au "terrain"), à condition encore que ceux-ci respectent un certain nombre de règles que l’on a, nous, à définir. Nous renversons l’ordre habituel de la mise au point des procédures de collaboration, ce qui se justifie entre autres par le fait que la production de données ne dépend que de nous et dépendra uniquement de l’énergie que nous accepterons d’y mettre.

Autres outils que les messages classiques :
- Les chroniques : sorte de journal de bord régulier porté au fur et à mesure à la connaissance des autres, soumis à leurs réactions. Classés dans le site dans leur continuité, chacun reflète non seulement l’évolution du tâtonnement individuel mais aussi peut servir de fil conducteur pour mieux comprendre le cheminement général.
- Le suivi d’un enfant : on peut s’attacher à « un cas » (tout enfant étant un « cas ») et, à travers son suivi, les événements ou les constats qui le concernent, approcher tous les effets de la structure, des pratiques, du système… la communication au fur et à mesure permettant l’interaction avec les membres de la liste.
- La monographie d’un événement : Chercher dans tous les détails le cours d’un événement, son contexte, ses effets, ses suites… (toujours dans l’interactivité avec la liste)
- La visite de classes : Il s’agit d’utiliser les possibilités des divergences du calendrier scolaire pour offrir un autre regard à un membre de la liste. Le compte-rendu, qui dépend de la grille d’observation utilisée (parfois annoncée), la réaction de l’enseignant de la classe observée sont soumis à l’interaction de la liste.
- La schématisation des structures de classe : Il s’agit de rendre compte d’une façon schématique de la réalité de sa classe de telle façon qu’un tiers puisse en saisir le fonctionnement, voire l’auto-fonctionnement. Les plans de classe ou emplois du temps sont insuffisants pour schématiser le fonctionnement d’un système. Il est toujours possible de saisir un système simultanément par l’espace et le temps mais pas forcément. Des schématisations ont été réalisées uniquement en partant de la place du maître. Il nous paraît intéressant de prendre en compte l’alimentation d’un système et ce qu’il produit et comment s’articulent les deux. C’est un chantier un des plus intéressant qu’il serait bon d’approfondir.
- L’utilisation de la vidéo : Elle a été pratiquée par plusieurs comme outil personnel (visionner ce qui se passe et qu’on ne voyait pas, y compris soi) ou comme outil de témoignage. Comme outil de travail collectif c’est une mise en œuvre un peu lourde, voire très lourde si l’on veut en tirer quelque chose (travaux de Hubert Montagner). Des essais ont été fait avec les rushes d’émissions effectuées par des professionnels (ce qui n’est pas montrable) et cela s’avère très intéressant mais demande beaucoup de temps pour arriver à autre chose que l’ouverture de pistes.
- L’utilisation d’enregistrements sonores Il est de plus en plus facile d’enregistrer dans des qualités d’écoute satisfaisantes des moments de classe qui pourraient présenter un intérêt particulier du point de vue de la circulation, de la transformation des informations, de l’organisation du groupe et des personnes. Cette piste a été utilisée à une époque dans le mouvement Freinet puis plus ou moins abandonnées, submergée par les technologies nouvelles. Elle pourrait se révéler à nouveau fructueuse.