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Un recueil dynamique de données

jeudi 5 mai 2011, par Webmestre

Sa base, ce qui va produire une masse de données, c’est l’échange dans une liste de diffusion spécifique.
Il s’agit d’un recueil dynamique de données :C’est un recueil dynamique
- parce que l’auteur de chaque information attend des réactions qui doivent l’aider, l’éclairer : il a un intérêt direct… et aucune action humaine n’est possible sans intérêt de celui qui agit !
- parce que chaque information déclenche d’autres informations : c’est l’interaction. Nous ne sommes plus dans le cas de figure des recherches scientifiques où les données obtenues restent fixées.
- parce que chaque donnée recueillie (témoignage, observation…) n’a de valeur que dans l’instant : dès l’instant suivant elle peut être invalidée, infirmée, modifiée,… suivant événements, changement du contexte etc.

La masse de données sur laquelle va s’appuyer la réflexion, l’émission d’hypothèses et leur mise en œuvre n’est donc pas stable. La fluidité se traduit déjà à ce niveau. Chaque donnée n’aura de sens que par rapport aux données précédentes et aux données suivantes, voire aux données simultanées. Isolément, elles ne possèdent aucune valeur.

Chaque donnée dépend de son propre contexte… et il y a autant de contextes que de données ! L’observation de convergences prend alors beaucoup d’importance puisque il s’agit alors d’effets identiques produits dans des contextes et des histoires différents.
D’où l’importance capitale de l’organisation de leur stockage. Les hypothèses dépendront autant de l’analyse de l’évolution des données, des liens inattendus qui pourront apparaître entre elles, que des données elles-mêmes.

Notre méthodologie est donc axée sur deux pôles interdépendants :
- produire des informations dans la dynamique d’une liste de diffusion
- capitaliser ces informations en temps réel dans un espace virtuel (site)
1/ Produire des informations dans une liste de recherche
Tout message est une information. Dans les listes de diffusion classiques, l’affectif est le moteur essentiel de l’émission. Ce qui se traduit soit par la réaction à un événement, soit par la réaction à une affirmation, soit par la réaction à une demande, un appel.
Si l’affectif va aussi jouer un rôle dans une liste de recherche, ne serait-ce que parce qu’il se crée une intimité dans un groupe plus restreint, l’objectif de la liste est clairement défini :
Il s’agit de transmettre au groupe les FAITS, les CONSTATATIONS, qui semblent pouvoir prendre du sens dans le cadre de la recherche. Peu importe que ces faits (événements, situations, états de lieux, transformations, remarques, effets compréhensibles ou incompréhensibles…) soient anodins, puissent être considérés comme négatifs ou positifs, minimes ou importants, contradictoires avec des principes qu’on pouvait penser comme reconnus…
En général, c’est ce qui « trouble » qui incite à communiquer, quel que soit le sens du trouble. La motivation première de toute recherche pour un praticien, c’est la remise en question des pratiques et des principes qui les soutiennent parce qu’ils sont en inadéquation avec les effets escomptés. Nous nous situons bien dans les théories systémiques ou le « bruit » d’Atlan provoque une réorganisation du système.
Aucun fait narré ne peut induire un jugement de valeur quelconque. Il est admis a priori que, si du sens doit se dégager et des hypothèses communes doivent être avancées, ce ne peut être qu’à l’issu de l’observation de l’ensemble des faits exposés.
Le contexte dans lequel se sont déroulés les événements, dans lequel ont été observés les faits est aussi important que le fait lui-même.
L’a priori de la recherche des CREPSC repose la capacité d’une classe ou école constituée en système vivant à produire des langages. Ce qui fait un système vivant ou permet qu’il se constitue, comment il peut s’orienter, quels sont les effets du système sur l’évolution de ses membres (autres systèmes vivants) devient donc primordial.
L’interaction dans la liste de chaque fait, événement, exposés se fait à plusieurs niveaux : il provoque la description, la narration d’autres faits et événements. Il provoque un questionnement qui doit permettre éventuellement de fouiller l’événement dans son contexte ou de préciser le contexte lui-même. Il provoque aussi une réflexion (mise en relation d’événements ou faits s’étant déroulés soit dans des espaces différents soit dans des temps différents, mise en relation avec des théories…), des hypothèses qui influenceront peut-être les événements et constatations à venir…