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Précisions sur le cadre méthodologique

vendredi 6 mai 2011, par Webmestre

Nous allons expliciter plus précisément ce qui est devenu la méthodologie fluide des CREPSC
Nous pouvons reprendre le croquis théorique paru dans « Une école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche ».
La première partie du croquis schématise le tâtonnement expérimental qui est celui de tout enseignant que nous désignerons comme « enseignant du 3ème type », tâtonnement conscient ou inconscient, volontaire ou involontaire. Dès l’instant où un enseignant s’interroge sur les résultats de son action, c’est à dire qu’il ne met pas forcément les causes de son inefficacité sur le compte de l’incapacité de l’apprenant ou de sa mauvaise volonté, il se trouvera entraîné dans un processus de tâtonnement expérimental.
Pour préciser le cadre de la méthodologie de recherche des CREPSC, nous distinguerons, d’une façon certes caricaturale, 3 types d’enseignants :

- L’enseignant du premier type étant celui qui croit à la justesse de ses pratiques et des principes qui les soutiennent, qui met alors l’inadéquation entre résultats escomptés et résultats obtenus sur le compte de l’apprenant lui-même ou du manque de moyens.

- L’enseignant du second type : il remet en cause ses pratiques, non seulement parce qu’il y a inadéquation entre résultats escomptés et résultats obtenus mais aussi pour mettre ses pratiques en accord avec des conceptions philosophiques ou humanistes prédéterminées (faire de l’enfant un citoyen, apprendre la solidarité, la coopération, lutter contre la violence…). Son tâtonnement se fait dans des cadres existants et connus et tend à essayer de corroborer partie des pédagogies connues ou est guidé par celles-ci (pédagogie Freinet, pédagogie du projet, pédagogie Montessori etc.). Cela se traduit souvent par « j’essaie de faire de la pédagogie Freinet ou autre » ou « je fais 10% de pédagogie Freinet ou autre ».

- L’enseignant du 3ème type : Son tâtonnement expérimental, s’il s’inspire nécessairement des pédagogies connues (apport historique, culturel et scientifique) et s’il n’est pas dénué d’empreinte ou d’aspiration idéologique, ne se situe pas dans l’application d’une pédagogie supposée alors réduire l’écart entre résultats espérés et résultats obtenus. Son tâtonnement est, en lui-même, un choix délibéré et constant, une méthode dont la base est l’incertitude acceptée.

Ce tâtonnement s’effectue aussi bien dans l’action qui vise à aider chaque individu, que dans l’action qui vise à aider le collectif à se constituer, que dans l’action qui vise à ce que se constitue un environnement favorable au collectif comme à l’enfant.
Les acquis qu’il peut réinvestir parce que semblant se renouveler, se retrouvent sans cesse dans la boucle sous forme d’hypothèses pouvant toujours être démenties par la réalité.

Une des points essentiels de ce que l’on a appelé méthodologie fluide du tâtonnement expérimental se situe dans ce que nous appelons « historique, recherche de la cohérence » : c’est ce que chacun fait le soir quand il envoie un message à la liste de recherche ! il se penche sur l’historique de sa journée ou de sa semaine ou plus.

Ce 3ème type d’enseignant est dans la quasi obligation de s’intégrer à un collectif pour trouver, dans les échanges et la confrontation, des certitudes relatives (points d’appui ou repères) qui facilitent alors… l’orientation du tâtonnement. La sécurité psychologique que les enseignants trouvent dans la référence à une pédagogie, les enseignants du 3ème type la trouvent dans les références communes (ou divergentes d’ailleurs) à découvrir avec d’autres.
C’est à ce niveau (partie entourée du schéma) que l’on peut définir la méthodologie de recherche des CREPSC.