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Des enfants et de l’espace

vendredi 18 novembre 2011, par Webmestre

Il n’y aura pas de transformation de la pédagogie, du système éducatif même, sans agrandissement et appropriation des espaces. 15 mètre carrés par enfant doit absolument devenir une revendication urgente de tous (voir actes du colloque de Crozon). Nous y reviendrons souvent dans ces colonnes. Et un des avantages principaux de l’école rurale était de disposer de cet espace. Encore faut-il que les municipalités le comprennent ! Certaines grandes municipalités, elles, l’ont compris (Rennes, Le Mans) et n’hésitent plus à investir dans l’espace. Et certaines de nos petites municipalités qui, elles l’ont ....

Les revendications des enseignants mentionnent souvent la baisse des effectifs et il n’est pas question ici de prétendre que l’on peut travailler efficacement avec un groupe trop important, cependant il est un autre aspect que les instits oublient, c’est la place, l’espace disponible pour chaque enfant. La surpopulation génère l’agitation, l’agressivité. Chaque fois que sa bulle est piétinée, l’enfant réagit et plus il y a d’enfants, plus il y a de réactions en chaine qui rendent la vie du groupe ingérable à la longue.
Ici encore, les écoles à petites structures et plus particulièrement les classes uniques bénéficient d’une position avantageuse par rapport à leurs semblables, écoles de bourg ou de ville (a fortiori). L’école à classe unique, c’est bien souvent une école à plusieurs salles : l’ancienne salle de classe (celle qui a été fermée il y a deux ans, vous savez), la cantine, la salle des fêtes.
Ainsi les enfants disposent de locaux nombreux et d’un volume d’espace intéressant.

Tant de place pour quoi faire ?

Tout d’abord, avoir besoin d’espace signifie que l’on ne pratique pas une pédagogie statique et renfermée sur elle même, mais bien une pédagogie active dont le souci principal est de donner à l’enfant le maximum de possibilités d’exercer son autonomie.
Pour cela, l’installation d’ateliers, l’aménagement de coins où chacun pourra mener a bien ses projets, d’autres où l’on sera sûr d’être tranquille, d’autres enfin où l’on aura la certitude d’échapper un moment à l’œil de la maîtresse sont une nécessité qui grignote énormément de place. il faut penser aussi à prévoir un endroit où il sera possible de se retrouver tous ensemble, car un groupe qui vit est un groupe qui échange, qui discute.

Les avantages

Pouvoir installer des ateliers permanents où l’enfant pourra poursuivre un travail sur plusieurs jours sans devoir ranger son matériel permet de laisser chaque enfant aller à son rythme en sachant qu’il ne sera pas brusqué par un impératif de rangement.
L’existence d’un atelier d’arts plastiques installé en permanence permet aux enfants d’oser plus, de progresser plus vite dans l’expression et la création simplement parce que l’on peut revenir à une œuvre sur laquelle on était bloqué un peu plus tôt sans avoir à mettre en œuvre un dispositif lourd qui décourage souvent la reprise du travail.
La place, la possibilité de circuler dans la classe ou dans l’école offrent aux enfants de nombreuses occasions de discussion et de confrontation qui sont autant de pas dans la construction des savoirs et de l’autonomie.

Un inconvénient

L’école de St-Bonnet dispose d’une salle de classe normalement chauffée, mais pas très grande, d’un préfabriqué qui abritait la seconde classe et dans lequel sont installés les ateliers de bricolage, arts plastiques, sciences, d’une pièce moyenne accueillant le musée et l’atelier musique.
L’inconvénient de ces deux derniers locaux est le chauffage. Ils ne sont pas utilisables librement l’hiver car il faut prévoir l’allumage du chauffage à l’avance. Les enfants savent qu’ils peuvent y travailler deux jours dans la semaine.
D’autres locaux sont partiellement utilisés pour stocker du matériel (garage, ancienne cantine) Le conseil municipal a d’ailleurs demandé au maire de cesser de laisser des clés de tous les locaux inutilisés à l’instit qui squattait un peu trop d’espace communal pour ses neuf élèves...
Qu’à cela ne tienne, j’utilise encore la cantine pour faire des gâteaux et la salle polyvalente comme salle de gym. Les neuf enfants de ma classe unique disposent de plus de place que les vingt-huit élèves de ma copine qui travaille en ville !

Christine Charles