Le milieu dont sont issus les enfants participe à l’école...

vendredi 18 novembre 2011
par  Webmestre
popularité : 22%

la communauté devient éducative.
La CU a plus que toutes autres, l’avantage d’être intimement incluse dans un milieu dont les enfants sont issus (le village), donc parfaitement cerné et connu. Celui-ci participe à l’école. La communauté devient éducative. L’école lui appartient d’autant plus facilement.. Il n’y a plus un seul adulte référent, d’autres apportent naturellement leurs savoirs ou leurs savoir-faire ou, à contrario, viennent dans un lieu disposant d’outils, d’autres informations (bibliothèque, ordinateurs ...) compléter ou approfondir leurs propres connaissances, parfois avec l’aide des enfants qui deviennent enseignants.. Dans certaines écoles qui ont pu aller plus loin, le village et ses habitants font vraiment partie de l’acte éducatif. Cette ouverture de l’école pouvant aller jusqu’à la possibilité pour les enfants ... d’en sortir même individuellement pour poursuivre à l’extérieur leurs investigations. Dans une petite structure où les élèves deviennent les auteurs de leurs propres apprentissages, sont habitués à l’autonomie positive, dans un environnement parfaitement connu, où il y a des adultes devenus complices ou partenaires, ce qui paraissait inconcevable ne pose plus de problèmes et est alors totalement éducatif.
Dans une école devenue un lieu d’élargissement des cercles, il a été naturel de les prolonger à d’autres cercles, c’est à dire à d’autres écoles. C’était un besoin, une nécessité. Il ne s’agit plus alors de "faire correspondre" une classe avec une autre classe, encore que les petites écoles ont été les premières à pratiquer la correspondance scolaire. Il s’agit d’établir des liens avec d’autres écoles, d’autres personnes plus éloignées. Et pour se faire, la chance des classes uniques a été l’apport des technologies nouvelles (photocopie, téléphonie, informatique, télématique, télécopie, vidéo..) qu’elles ont pu intégrer instantanément parce qu’elles étaient les outils nécessaires à leur enrichissement, à leur survie. C’était même la première fois qu’une technologie était immédiatement prise en compte par un milieu éducatif (il a fallu plus de 15 siècles pour que l’imprimerie y rentre !)
A partir de ces liens, les informations produites par les enfants ou la classe vont circuler dans d’autres groupes, y provoquer des réactions, une nouvelle transformation des informations, leur retour, d’autres transformations etc. et ceci dans un va et vient constant. Des enfants, à des endroits différents vont pouvoir travailler ensemble et presque simultanément dans le traitement d’informations de type mathématique, scientifique, poétique etc. avec toute la dynamique qu’apporte la différence, les approches et les contextes différents. A travers cette communication complexe, les langages devront nécessairement évoluer, s’affiner. Les caractéristiques variées des groupes, des maîtres vont influer fortement sur la structure, le comportement, les habitudes de chaque groupe. . Les maîtres, reliés entre eux, ne sont plus seuls avec l’immense avantage de constituer de vaste équipe cooptées. Non seulement ils vont s’aider, mais échanger, confronter, s’influencer. C’est ainsi que se sont créés les premiers réseaux d’écoles (1978, à partir de l’Ecole de Moussac/vienne).
La petite école rurale est devenue partie d’une vaste école où de multiples endroits d’autres apportent leur différence, leur richesse, provoquent l’utilisation des langages, incitent les uns et les autres à aller plus loin dans leur perception de l’environnement, à perfectionner ses outils d’investigation et de communication .... à aller vers la connaissance. Et tout en pouvant vivre tranquillement dans un petit groupe qui lui apporte la sécurité. Et cela a permis de transformer ce qui était un handicap en une situation particulièrement riche.

B.Collot